Aidants proches : ceux qui prennent soin des autres ont aussi besoin de souffler

mardi 29 septembre 2026

Accompagner un enfant en situation de handicap, prendre soin d’un conjoint malade, aider un parent vieillissant… En Belgique, près de 800 000 personnes sont aidantes proches. Du 28 septembre au 4 octobre, la Semaine des Aidants Proches met en lumière leur rôle essentiel, mais aussi leur besoin d’être soutenus à leur tour. Une réalité au cœur de la mission de Casa Clara, une asbl soutenue par CAP48.

Près de 800 000 aidants proches en Belgique

On devient parfois aidant proche sans vraiment mettre de mot sur ce rôle. C’est une maman qui accompagne son enfant en situation de handicap au quotidien. Un conjoint qui aide sa compagne malade. Une fille qui organise les rendez-vous médicaux de son père vieillissant. Un frère ou une sœur qui adapte son quotidien aux besoins d’un membre de la famille… Les situations sont multiples, mais elles ont un point commun : apporter régulièrement de l’aide à une personne fragilisée par la maladie, le handicap ou la perte d’autonomie.

Selon les derniers chiffres de Statbel, environ 800 000 Belges âgés de 18 à 74 ans sont aidants proches d’un partenaire ou d’un autre membre de leur famille âgé de 15 ans ou plus, malade, vulnérable ou en situation de handicap. Dans près de deux tiers des cas (65,5 %), la personne aidée ne vit d’ailleurs pas sous le même toit que son aidant. Les femmes sont légèrement plus nombreuses à assumer ce rôle.

Une réalité qui touche donc énormément de familles, parfois sans que les personnes concernées se reconnaissent elles-mêmes comme « aidantes proches ».

Une semaine pour mettre les aidants proches en lumière

Du 28 septembre au 4 octobre 2026, la Semaine des Aidants Proches entend justement mieux faire connaître cette réalité et reconnaître la place de toutes celles et ceux qui accompagnent un proche au quotidien. Partout en Wallonie et à Bruxelles, différentes activités sont organisées : moments de bien-être et de répit, groupes de parole et d’échange, séances d’information, ciné-débats… Autant d’occasions de s’informer, de rencontrer d’autres personnes qui vivent des situations similaires mais aussi, tout simplement, de souffler.

Car derrière le mot « aider » se cache une multitude de réalités : accompagner aux rendez-vous médicaux, assurer des déplacements, préparer les repas, effectuer des démarches administratives, prodiguer certains soins, organiser le quotidien, être disponible en cas d’urgence… Mais aussi écouter, rassurer et être présent. Des gestes qui peuvent sembler naturels lorsqu’il s’agit d’une personne que l’on aime, mais dont l’accumulation peut peser sur le quotidien.

Prendre soin de l’aidant est donc aussi une manière de prendre soin de la personne aidée.

Casa Clara : une bulle d’oxygène pour les aidants

C’est précisément la conviction qui anime la Casa Clara, une asbl soutenue par CAP48. Cette « maison de cœur » propose des moments de répit et de ressourcement aux parents et aux frères et sœurs d’enfants en situation de handicap ou atteints d’une pathologie lourde. Son accompagnement s’est également élargi à tous les aidants proches, quels que soient leur âge et leur situation d’aidance.

Ici, pendant quelques heures ou une journée, on s’occupe de celui ou celle qui, habituellement, s’occupe des autres. La Casa Clara propose notamment des journées de répit en petits groupes, des « bulles de répit » individuelles, des temps d’écoute, des soins et massages, des espaces de relaxation, mais aussi des journées spécifiquement destinées aux frères et sœurs ou à toute la famille.

Les frères et sœurs ont eux aussi une place particulière. Grandir aux côtés d’un enfant qui demande davantage de soins et d’attention peut avoir une influence importante sur la vie familiale. Casa Clara leur propose donc des journées dédiées, avec des activités ludiques, créatives et ressourçantes. Il ne s’agit pas nécessairement de faire beaucoup. Parfois, avoir un endroit où se poser, parler, rencontrer d’autres personnes ou simplement ne penser à rien pendant quelques heures peut déjà faire une différence.

Derrière Casa Clara, l’histoire de Fanny et de sa fille Clara

La naissance de Casa Clara est intimement liée à l’histoire de Fanny Calcus et de sa fille Clara. Clara naît en 2005 avec une maladie rare comprenant une pathologie cardiaque. Ses premières années sont rythmées par de nombreux soins et de longues périodes d’hospitalisation. Durant la maladie de sa fille, puis après son décès, Fanny mesure combien il est essentiel, pour tenir dans la durée, de pouvoir parfois sortir du cadre de la maladie, se poser et se ressourcer. Elle découvre aussi l’importance d’être entourée et accompagnée.

De cette expérience personnelle va progressivement naître l’envie d’offrir aux autres familles ce lieu qui lui avait manqué. L’asbl Casa Clara est créée en 2011 par les parents de Clara, entourés d’autres parents et d’amis. En 2013, elle organise ses premières journées de ressourcement. Peu à peu, le projet grandit autour d’une idée toute simple : créer un espace où les proches peuvent être accueillis, écoutés et prendre soin d’eux, sans jugement et dans le respect du rythme de chacun. Une maison pensée par des parents, pour d’autres parents, devenue aujourd’hui un lieu de répit pour de nombreux aidants proches.

S’autoriser à souffler, ce n’est pas abandonner

Pour les aidants, prendre du temps pour soi n’est pas toujours évident. Lorsqu’un proche dépend de vous, même quelques heures de pause peuvent parfois s’accompagner d’un sentiment de culpabilité : Est-ce vraiment le moment ? Qui va s’occuper de lui ou d’elle ? Est-ce que je peux me permettre de penser un peu à moi ?

Pourtant, le répit n’est pas un luxe. Pouvoir passer le relais, retrouver de l’énergie, parler de ce que l’on vit ou simplement sortir quelques heures d’un quotidien organisé autour de la maladie ou du handicap permet aussi de continuer à accompagner son proche dans de meilleures conditions. C’est pourquoi Casa Clara propose différentes formules, adaptées aux situations des familles : journées de répit, accompagnements individuels de deux heures, moments parent-enfant, journées en famille ou encore permanences permettant simplement de pousser la porte, découvrir le lieu et échanger.

Soutenir les aidants, c’est aussi soutenir toute la famille

À l’occasion de cette Semaine des Aidants Proches, CAP48 souhaite donc rappeler une évidence qui ne l’est pas toujours : derrière une personne malade, en situation de handicap ou en perte d’autonomie, il y a très souvent un proche qui accompagne, organise, rassure et soutient.

Un parent, un enfant, un conjoint, un frère, une sœur, parfois un ami. Des centaines de milliers de personnes qui jouent un rôle essentiel, souvent discrètement et sans nécessairement se considérer comme des aidants. Les reconnaître, c’est déjà faire un premier pas. Leur donner accès à de l’écoute, de l’accompagnement et surtout à des solutions de répit en est un autre.

Parce que prendre soin d’une personne fragilisée, c’est aussi prendre soin de celles et ceux qui sont à ses côtés, jour après jour.




Les autres actualités

Toute l'actualité
Skip to content